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Historique du CICT

Du temps de la défunte Société des Nations, il existait à Rome, Villa Torlonia, dans le quartier où résidait le chef du Gouvernement Benito Mussolini, un Institut international du Cinéma éducatif qui disparaît avec la SDN.

La guerre terminée, de nombreuses voix s'élèvent dans le monde pour que cet Institut soit ressuscité.
En 1955, sous la présidence d'un scientifique français, le Professeur Paul Rivet, des entretiens sont organisés à l'Unesco qui rassemblent les plus éminentes personnalités mondiales du Cinéma et de la Télévision, dont le chercheur cinéaste Jean Rouch.

Ces entretiens conduisent à la création d'un Centre international de la Photographie fixe et animée qui met à l'étude un projet d'Institut international du Cinéma et de la Télévision.

En août 1956, à l'initiative de la Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica de Venise , et sous l'égide du Centre international de la Photographie fixe et animée, une réunion se tient à Venise qui souhaite que la conférence générale de l'Unesco à New Delhi invite le secrétaire général à étudier ce Projet.
Quelques mois plus tard, dans la capitale indienne, est présenté un projet de résolution visant à la création d'une Organisation internationale de Cinéma et de Télévision, à but non lucratif et vouée avant tout à l'éducation, à la culture et au développement des activités des associations internationales concernées.
Ce projet émane du chef de la délégation italienne pour l'Unesco, le Professeur Mario Verdone. Il est favorablement accueilli.


Le Département de l'Information de l'Unesco demande au cinéaste Jean Benoît-Lévy, directeur honoraire du Cinéma des Nations Unies, de poursuivre, en accord avec ses services, une étude en vue de la constitution d'un tel organisme.
Les principales organisations internationales paraissant intéressées, un Comité de douze experts - choisis pour leur compétence dans le domaine du Cinéma et de la Télévision - est convoqué à Paris à plusieurs reprises pour fixer les formes de l'organisation à naître. Il comprend notamment Jean Benoît-Lévy pour l'ONU, Charles Delac, représentant la Fédération internationale des producteurs, John Maddison, de l'Association internationale du Cinéma scientifique et de l'Office national d'Information de la Grande-Bretagne, Jean d'Arcy et Jean Jay de la Presse filmée, le réalisateur belge Henri Storck, Mario Verdone, du Centre expérimental de Cinématographie de Rome et de la Commission nationale italienne auprès de l'Unesco.

Le 23 octobre 1958, la Charte constitutive du CICT est signée.

Toutes les plus importantes fédérations et associations internationales qui regroupent producteurs, auteurs, réalisateurs, distributeurs, historiens et critiques, services d'archives de films, écoles de cinéma, ciné-clubs, cinémas d'art et d'essai, cinémas amateur, organisations confessionnelles ou non en deviennent les membres fondateurs.

John Maddison est nommé président, Charles Delac et Jean d'Arcy, vice-présidents, Jean Jay, trésorier, Mario Verdone, secrétaire général.
Le Président est autorisé à déléguer tout ou partie de ses pouvoirs à un délégué général pour assurer le fonctionnement du Secrétariat. Jean Benoît-Lévy sera le premier délégué général du CICT.
Le gouvernement italien offre au CICT son siège officiel, au 17 via Santa-Susanna à Rome, dans l'immeuble qui abrite l'Institut Lumière, tandis que l'Unesco à Paris met des bureaux à la disposition de la délégation générale.
Mario Verdone devient directeur du siège de Rome, avec le titre de secrétaire honoraire, et Sylvia Antebi est nommée secrétaire administrative du Bureau de Paris.
Le CICT reçoit du gouvernement italien une subvention de 20 000 $ pour permettre le fonctionnement du siège et une subvention égale de l'Unesco pour assurer celui du Secrétariat.


En décembre 1959, le CICT publie le premier numéro de sa revue " Ecrans du Monde". On y relate l'histoire de la création du Conseil et y sont présentées les fédérations et associations membres. Ce numéro est l'œuvre de Jean Benoît-Lévy, qui succombera quelques mois avant sa parution.

En 1972, John Maddison quitte la présidence du CICT. Une présidence collégiale est alors mise en place avec Jean d'Arcy, Raymond Ravar et Fred Orain.

En 1977, Mario Verdone est élu président.

En 1979, Enrico Fulchignoni lui succède. Spécialiste des médias, ce dernier qui exerce en parallèle la Direction de la Création artistique et littéraire à l'UNESCO, adjoint la Communication audiovisuelle aux missions du Conseil. Assisté du Père Emmanuel Flippo, mis à la disposition du CICT par l'ONCIC, il crée un Prix du CICT, remis dans la cadre du Festival de Cannes et des principales manifestations internationales consacrées au Cinéma, et le Prix de la Paix, remis dans le cadre de la Biennale de Venise. Sous sa présidence, une attention particulière est portée au développement artistique et économique du Cinéma et de la Télévision dans les Pays émergents. Pour analyser et anticiper les conditions de ce développement, de nombreuses réunions de créateurs et d'experts sont organisés en Afrique, en Amérique Latine et en Asie.

En 1988, à la mort d'Enrico Fulchignoni, le CICT est présidé par Gérard Bolla auquel succèdent Christopher Roads, puis Jean Rouch, assisté de Jocelyne de Pass au titre de secrétaire générale. A son départ, Robert Kalman est nommé à ce poste.

Après une période de déclin relatif dû surtout à la volonté des principales organisations internationales de poursuivre une politique indépendante vis à vis des grandes institutions intergouvernementales, le CICT a entamé une reconsidération de ses activités tout en restant fidèle à sa Charte fondatrice.

En 2004, après une présidence tournante assurée par les quatre vice-présidents - Klaus Eder, Daniel Van Espen, Pierpaolo Saporito et Jean Michel Arnold -, l'assemblée du CICT élit Hisanori Isomura (ancien Directeur Général de NHK et ancien Directeur de la Maison du Japon à Paris) à la présidence et Giulio Cesare Giordano (ancien Secrétaire Général de la Conférence Permanente de l'Audiovisuel Méditerranéen) au secrétariat général.

Le CICT retrouve actuellement le dynamisme et le prestige d'antan. Le retour dans l'association de beaucoup d'anciens Membres et les nombreuses nouvelles demandes d'adhésion en témoignent.

L'UNESCO aussi , qui d'ailleurs n'a jamais cessé d'apporter son soutien à l'association, montre aujourd'hui un intérêt accru pour le CICT et manifeste sa volonté de voir augmenter le rôle d'intermédiaire de celui ci vis à vis de sa propre hiérarchie ; notamment les Secteurs de l'Education, de la Science et du Patrimoine qui de plus en plus considèrent important, sinon vital, le rôle des Médias et des NTC pour leur propre activité.

L’assemblée générale du CICT réunie le 12 Janvier 2007 a renouvelé les instances de Direction du CICT. Elle a nommé M Hisanori Isomura président d’honneur et a appelé à la présidence S.E. l’Ambassadeur Inoussa Ousseini, chef de la Délégation permanente du Niger auprès de l’UNESCO, ancien cinéaste.
M. Giulio C. Giordano continue à servir l’Association en tant que secrétaire générale.


Paris le 11 Mars 2008

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